Mardi 28 août 2007 à 17:16

Alors ça y est, c'est fini.
La plage, le sable, les nymphettes, les morceaux d'algue qui collent à la peau sèche et salée, les regards lubriques et pleins de promesse, les langues qui passent sur les lèvres, les rendez-vous dans les sanitaires, les ultimes négociations derrière le local à poubelles. Bernard Menez est harassé, pas une, touriste ou autochtone, n'a accepté ses avances, d'une courtoisie des plus distinguée pourtant. Exceptée la grosse Yvonne, mais il n'était pas consentant. Ayant abusé de schnaps, et autres mojitos, il a malheureusement chû devant ce qui avait dû ressembler il y a de nombreuses années à la malheureuse perdante de Miss Camping 1956. Tel le cerf pris dans les phares d'une Fuego de 1988, il s'est laissé piéger et abuser sous le poids de la patronne du fameux Relais des Joyeux Chasseurs (une fourchette de bronze dans le guide Cuisine des Petits Futés). Bernard Menez s'en rappellera, et pour se venger, il vola deux cendriers et trois sous-verres aux dépends de la tenancière, espérant ainsi, la plonger dans le plus profond désarroi.



La fin de l'été aurait pu être prometteuse s'il n'avait pas été contraint de s'abriter maintes fois face aux averses imprévisibles et à la brise ambiante. Finis les jupettes et les seins nus, lorgner discrètement sur son transat bariolé lui parraissait lointain. Bernard Menez se consolait, se goinfrant de beignets, chichis et autres chouchous, proposant dans un anglais parfait aux jeunes touristes anglaises de gouter la précieuse sucrerie, en prenant bien soin, toutefois, de vérifier l'absence de toute autorité parentale environnante. Il se balladait aussi le long des côtes escarpées, observer à la jumelle, tantôt une mouette, tantôt une méduse, tantôt une moule, tantôt un camp de nudistes qu'il découvrait par le plus grand hasard, du haut de sa vigie rocailleuse. Bernard Menez pouvait contempler la nature pendant de longues heures. Avant de finir tremper, maudissant le déluge qu'il n'avait pas vu venir trop occuper à scruter ces morceaux de chairs roses.



Il est loin le bel été, enfilant imperméable, pullover, pantalon et mocassins, il se consolait en allant au laboratoire photo le plus proche, chercher les nombreux clichés qu'il avait pris à l'insu de ses voisines estivantes. Un rayon de soleil dans la pâle rentrée de Septembre. Les vacances étaient peut être finies, mais Bernard Menez n'en avait cure, rempli d'ambition et muni de ses précieuses photos, il avait le projet de monter l'un de ces nombreux sites amateurs qui illuminent le doux monde d'internet.


Mardi 17 juillet 2007 à 10:31

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, Bernard menez n'est pas en vacances ou n'était pas en vacances. Bernard Menez a simplement une vie trop remplie, débordante de projecteurs (dans la tête), de tournages (de pouce) et de pellicules (sur le col de sa chemise), comprenez donc que Bernard Menez n'a pas forcément le temps de mettre à jour ses déboires et réjouissances quotidiennes.



D'ailleurs, après avoir ingurgité un énième Pulco Citron fermenté et confortablement enfilé sa plus belles vareuse rayée, Bernard Menez va enfin prendre quelques jours de congés bien mérités. Partir à la Tranche sur Mer dans sa Citroën ZX flambant neuve qu'il a polishé pour l'occasion. L'occasion également d'enfiler à nouveau ses méduses, sandales au plastique trop transparent mais ô combien confortables et élégantes, son bob Tour de France 84 dans la valise et Hop, Let's go to the Bitch.

Car ce que Bernard Menez aime le plus sur les côtes chaudes et sableuses, ce sont ces nymphettes qui marchent sur la plage, la poitrine gonflée par leur envie de vivre, elles le contemplent avec ce regard qui semble dire "Viens tater si c'est pas du steak." comme une énième invitation à quelque extravagance tripoteuse derrière les murs ombrés du 8 à huit d'à côté. Paresseusement avachi dans son transat pali, le bob bien vissé sur la tête, l'œil caché par ses Rayban (imitation authentique), il profitait du spectacle, non sans une certaine excitation. Il est beau et il en a conscience, et elles le veulent, son torse rouge et flasque, son maillot brun et trop court, laissant deviner un nombre de lavages en machine conséquents. N'écoutant que son courage, il décide d'accoster, la petite blonde aux seins nus qui l'observe depuis quelques minutes. Démarche assurée (la méduse permet en effet d'adhérer au mieux aux aspérités du terrain quelqu'il soit), sourcil relevé, il s'approche et baragouine quelques mots bien sentis à base de "chambres d'hôtel" et d'adjectifs affectueux. C'était sans compter la serviette trop vide qui jouxtait la demoiselle, en effet, celle-ci appartenait au bel éphèbe sortant de l'eau quelques secondes auparavant. Ce n'est pas sans une once de gène que Bernard Menez fit marche arrière pour replier dare-dare son transat et sa glacière avant que la dite jeune fille ne relate les proposistions plus qu'indécentes qu'il lui faisait quelques minutes plus tôt. Bernard Menez rentrerait seul au camping ce soir, mais il n'en avait cure, c'était le premier jour se ses vacances qu'il savait pleine de promesses.


Mercredi 27 juin 2007 à 0:21

Aussi étonnant que cela puisse paraître, Bernard Menez a une famille. Et dans cette famille, il a un cousin, un cousin qu'il aimait bien. Non pas qu'il soit mort, non certainement pas, juste qu'il ne le voit plus beaucoup pour d'obscures raisons d'isolement. Ce cousin c'est Francis, Francis H. (pour des raisons de sécurité et de confidentialité, l'identité de ce brave homme sera gardée secrète). Il aimait bien Francis, et Francis le lui rendait bien. Enfants et sous l'impulsion de son ainé, ils allaient ensemble courir dans les jardins, "embêter les animaux" comme aimait à dire Francis. Tantôt un ver, tantôt des fourmis, qu'ils écrasaient gaiement, ou dépecaient minutieusement avec le couteau que Francis gardait toujours précieusement sur lui, tantôt un chat, ce qu'ils trouvaient le plus souvent. Bernard Menez repense souvent, mélancoliquement, à ces moments où Francis venait le chercher à l'école, un peu comme un grand frère mais qui n'aurait pas de vêtements sous son imperméable beige. Jusqu'au jour où ils furent séparés par leur famille respective, celle de Francis partit s'installer dans l'est de la France, là où il fait bon vivre, disait-on. Bernard Menez eut la carrière qu'on lui connaît mais son cousin n'était pas en reste non plus, il fit plusieurs fois la une de grands magazines, il passa même à la télévision, il le reconnut immédiatement à son regard enjoué et pétillant. Bernard Menez était fier. Son cousin et lui avaient réussi, dans des domaines, certes, différents, mais Bernard Menez n'en avait cure, la célébrité est belle et bien une histoire de famille, sa famille.




Mercredi 20 juin 2007 à 23:30

Puisque le funky-flex Scope a daigné toper dans la main moite de Bernard Menez, celui-ci va à son tour avouer 7 choses que l'on ne connaît pas sur lui, et comme il est quelque peu mystérieux et bien la tâche est aisée :

1 - Bernard Menez raffole des bonbons acidulés, surtout ceux que l'on trouve sous forme de colliers et qui ornent divinement bien son maigre cou.

2 - Bernard Menez a une importante collection de cravates, notamment la fameuse cravate Note de musique ainsi que la cravate Piano typées VRP.

3 - Bernard Menez a les chaussons les plus confortables au monde.

4 - Bernard Menez a des lunettes. (C'est pas terrible, mais combien le savait ?)

5 - Bernard Menez peut écouter en boucle le Crr Crr des disques Vinyl.

6 - Bernard Menez a peur de vivre actuellement les meilleurs moments de sa softly life.

7 - Bernard Menez n'est pas le vrai Bernard Menez. Amère déception.

Le concept, si j'ai suivi, serait de faire passer le questionnaire à des gens de mon choix, le problème étant que la plupart des gens que j'apprends à découvrir ici l'a déjà plus ou moins rempli. Avec moi/lui s'arrêtera sans doute l'une des boutures, mais Bernard Menez n'en a cure, cela ne l'empêchera pas d'aller siroter une camomille bien tassée.

Vendredi 15 juin 2007 à 9:38

C'est son côté bon samaritain qui perdit Bernard menez en ce sombre jour de Novembre 1983. Aider son prochain à accomplir ses rêves de gloire partait d'une bonne intention, mais quand cela se résume à aider son pôte Jean Lefebvre à enregistrer un disque aussi mythique que "Aimons nous les uns les autres", cela s'appelle un acte de bravoure. Du courage, il en fallait. Et c'est ronds comme des queues de pelles, après deux verres de schnaps caramel que les deux compères s'enfermèrent dans ce qui servait de cuisine-salle de bain pour s'armer de crayon et de patience, tentant vainement d'écrire d'une main tremblotante ce qui serait, ils l'espéraient, le tube planétaire de JeanJean comme il se plaisait à l'appeller. Bernard Menez aime le doux crissement de son casque de mixage sur sa toison gominée. Balayer d'un revers de manche, sa mèche protubérante. Donne-moi tout JeanJean, on le tient notre hit. Sur ce beat binaire et entêtant, digne des plus grand morceaux de rock  des dernières décennies, c'est dans un déchirement de décibels que la voix de JeanJean se sublime. Tapant de son mocassin ocre et élimé sur la beige moquette de la pièce, Bernard Menez aime à s'imprègner de ces mélodies, il pane, il mixe, il trebbleise, il middleise.
C'est un flop.
S'en suivent démarchages, et rejets honteux, ce disques est une merde, les maisons de disque n'ont jamais été aussi unanimes. Ornant désormais les étagères poussièreuses, en compagnie des autres enregistrements qui ne perceront jamais les charts anglaises, Bernard Menez avait pourtant accompli un travail de titan sur ce qui aurait dû être son œuvre. Il ne serait paut être pas reconnu dans le milieu musical, mais Bernard Menez n'en avait cure, il prendrait plaisir à aider celui qu'il pensait être la future star française, François Valery, il s'appellait, et lui il les ferait vibrer.



<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | Page suivante >>

Créer un podcast